Cette « Lettre » n’a pas pour objet de convaincre et encore moins de « lutter » pour (ou contre) quoi que ce soit. Sa raison d’être est de partager, non d’avoir raison ou de « gagner ». La lire ne m’engage à rien. C’est juste une occasion de « considérer » des idées (d’)autres, sans avoir à réagir : il n’y a, en effet, ni à approuver, ni à réfuter, ni à adhérer, ni à acheter, ni à appliquer... ni même à comprendre. Seulement à « considérer ».
Quatre grandes parties la composent :
- REFLETS : effets de la réflexion (miroir) d’une certaine lumière, d’un éclairage, d’une image – chatoiements, et effets de la réflexion (pensée) – organiser/effectuer, mais encore traduire dans les faits/effectivation
- ACTES : décisions instantanées, ponctiformes et novatrices
- ÉCHOS : répétition –réélaborée – de ce que d’autres ont dit et qui résonne-raisonne en moi
- OUTRE : « de plus » et « réservoir pour la soif ».
Innover vient du latin novare (de novus, « changer », « nouveau »), et du préfixe in- qui indique un mouvement vers l’intérieur. In-nover, c’est donc, en quelque sorte, introduire du nouveau. Examinons alors ces deux termes : « nouveau » et « introduire ».
Le nouveau a généralement « bonne presse » : nouvelle auto, nouvelle vague, nouvelle politique, nouveaux programmes, pédagogie nouvelle ... Pourtant si je mets au point une arme nouvelle qui fait davantage de morts pour un coût moindre, ou bien une nouvelle pédagogie qui est plus efficace en lavage de cerveau, comme pour implanter des idées belliqueuses ou acheteuses ... je ne peux pas dire que la nouveauté est bonne en elle-même, qu’elle est une valeur. La valeur est son contenu bien sûr.
L’éducation est une invention.
Le terme et le concept apparaissent vers 1500 et désignent, alors et jusque vers 1950, ... l’élevage des vers à soie ! C’est vers 1750 que ce terme commence à désigner aussi la conduite des enfants pour leur bien. Mais le concept tarde à s’imposer puisque, lors des lois de 1880 sur l’institution de l’école, le mot éducation ne figure pas – étant encore « vulgaire » et péjoratif.
Vivre sans aller à l’école est déjà très étonnant, mais être en dehors de toute école et vivre en plus sans éducation est proprement inconcevable.
Pourtant, l’école massive actuelle, qui étend d’ailleurs toujours plus son emprise, en surface et en durée, n’existe pratiquement que depuis le début du siècle dernier – moins de 150 ans !